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QUEBEC
REPORT:
Un nouveau régime forestier pour le Québec
par Audrey Harvey, Responsable des communications, AETSQ
On en parlait depuis longtemps, le Sommet sur l’avenir du secteur forestier québécois a finalement eu lieu. Il s’agit d’un événement sans précédent puisque pour la première fois, les membres de la société civile, et non le gouvernement, décidaient eux-mêmes de se rassembler pour trouver une solution à leurs problèmes. Ce sont donc 400 personnes concernées par la situation de l’industrie forestière qui se sont réunies à Québec les 10, 11 et 12 décembre derniers afin jeter les bases d’un nouveau régime forestier.
En effet, il y a plusieurs mois de cela, des chantiers de travail avaient été mis en place pour tenter de repenser tous les pans de notre industrie. Il était temps de dévoiler les points qui faisaient consensus et ainsi ériger les nouvelles bases de la foresterie québécoise.
Bien que l’événement se soit ouvert sur fond de manifestations, l’heure était aux rapprochements. D’entrée de jeu, tous s’entendaient pour dire que la crise dans laquelle nous sommes plongés n’est pas que purement conjoncturelle. Elle est également structurelle, de là la nécessité de revoir notre fonctionnement en profondeur. Les participants ont également signifié l’importance de redonner à la population son sentiment de fierté vis-à-vis la forêt, un sentiment qui semble s’être effrité avec les années.
Au point de vue de l’aménagement forestier, la cible est ambitieuse : doubler d’ici vingt-cinq ans la valeur des produits de la forêt. En termes clairs, cela veut dire un changement de paradigme. Il faudra désormais penser en terme de valeur, de qualité et non plus uniquement de volume, de mètres cubes. Le défi qui nous attend est de développer simultanément l’ensemble des produits et des usages de la forêt. En effet, il y aura très certainement des choix à faire pour en arriver à un éventail de zones allant de la protection complète jusqu’à l’aménagement forestier
intensif.
Un signe des temps, ce Sommet s’est déroulé sous le signe de l’environnement. Tous les intervenants ont exprimé le vœu de compléter, d’ici 2008, le réseau d’aires protégées sur 8% du territoire avec une étude de carence par la suite pour augmenter cette proportion. Même dans son organisation, le Sommet s’est voulu un événement vert qui a misé sur des invitations électroniques plutôt qu’écrites.
Encore du pain sur la planche
Au plan de la structure, le Sommet aura permis d’inviter les partenaires à réfléchir dans le futur sur le mode d’allocation des bois. Le mode de tenure actuelle ne fait pas que des heureux mais par quoi le remplacer ? Les acteurs devront se pencher sur cette question dans les mois à venir. Afin d’harmoniser les relations sur le territoire, un groupe de travail devra se pencher sur la question des relations avec les Premières nations afin de mieux connaître leurs préoccupations et intérêts.
Étouffés par les normes, les professionnels de la forêt veulent se doter d’un système de gestion par objectifs et résultats. Cela permettrait aux professionnels de se donner le choix des moyens sur le terrain, en fonction des particularités territoriales. Pour ce faire, des projets pilotes devront être mis en place pour parvenir à se doter d’un système de gestion par objectifs et résultats d’ici 2013.
Conscient de son potentiel et de sa valeur, un Québec misant sur la recherche et le développement n’en sortirait que plus fort. Les partenaires se sont entendus sur la nécessité d’adopter une politique d’utilisation du matériau bois dans la construction d’édifices publics, institutionnels et commerciaux. Les partenaires, élus municipaux et même le ministre en ont fait mention à diverses reprises lors de ces trois jours.
Finalement, le ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Claude Béchard, a bien pris acte des travaux du Sommet. Il s’est engagé à déposer son Livre vert d’ici janvier 2008. Il s’agit d’un panier de propositions qui nous permettra de construire un nouveau régime forestier. Ces propositions seront, à son dire, très près de celles exprimées lors du
Sommet.
Quel que soit le futur, le Sommet aura à tout le moins permis d’établir une collaboration sans précédent entre les acteurs en présence et de dessiner les premières lignes d’un nouveau régime forestier. Ceci laisse présager de bonnes choses pour l’avenir puisque tous se sont entendus pour poursuivre les travaux au-delà du Sommet.
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