QUEBEC REPORT: Un nouveau ministre, une nouvelle vision
par Audrey Harvey, Responsable des communications, AETSQ

En avril dernier, les citoyens du Québec ont décidé d’élire un gouvernement libéral minoritaire. Le premier ministre Jean Charest a dû constituer une nouvelle équipe de ministres. Monsieur Charest a démontré l’importance du dossier des forêts en nommant M. Claude Béchard au poste de ministre des Ressources naturelles et de la Faune, le ministre sortant Pierre Corbeil n’ayant pas été réélu. M. Béchard était auparavant ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs. Les quelques entretiens qui ont déjà eu lieu avec la nouvelle équipe en place laissent entrevoir un avenir plus prometteur pour l’industrie sylvicole. En effet, le statu quo ne semble pas une option envisageable pour M. Béchard et son équipe. Le ministre a eu une première occasion d’annoncer ses couleurs au congrès du Conseil de l’industrie forestière le 10 mai dernier. Son message était on ne peut plus clair : « l’industrie forestière traverse une crise sans précédent et tous les éléments sont en place pour revoir notre régime forestier en profondeur. » Parmi les mesures envisagées pour remettre nos forêts sur pied, le gouvernement a l’intention de lancer le plus vaste programme de reboisement jamais effectué jusqu’à maintenant. M. Béchard a affirmé son intention d’aménager la forêt au-delà de ce qui est déjà prévu dans les plans d’aménagement et de faire en sorte que cette ressource, si chère aux yeux des Québécois, se régénère de façon à redonner du bois de qualité et en quantité suffisante à ses citoyens.


M. Béchard a réitéré cette volonté tout récemment alors que les principaux intervenants du secteur forestier se réunissaient dans le cadre des travaux préparatoires au Sommet sur l’avenir du secteur forestier québécois. Au moment d’écrire ces lignes, les discussions battent leur plein à la Forêt Montmorency, cette dernière étant la forêt école et expérimentale de l’Université Laval. Le ministre, lors d’une allocution prononcée pour l’occasion, a réitéré que les attentes étaient grandes concernant les résultats attendus du Sommet. Cette crise nous force à faire des changements. La réorganisation est inévitable et devra se faire en minimisant l’impact sur les communautés locales et les travailleurs, a-t-il mentionné. 


Bien qu’il soit trop tôt pour dévoiler le contenu de ces discussions, on sait toutefois que les orientations vont dans le sens de ce qu’avait annoncé le ministre. En effet, les gens autour de la table s’entendent pour dire qu’on doit passer en mode solution. Au cours de son intervention, le ministre a demandé aux personnes présentes de considérer la situation d’un tout autre point de vue : « Si le régime forestier n’existait pas aujourd’hui, on le bâtirait de quelle façon ? », a-t-il demandé. Il a appelé les intervenants présents à garder cette idée en toile de fond lors de leurs discussions pour laisser toute la place à l’imagination. 


Enfin, M. Béchard a invité les personnes présentes à formuler des suggestions et à proposer des modifications à apporter au régime forestier actuel, des mesures qui permettraient de faciliter la restructuration de l’industrie à court terme. Comprenons-nous bien, ces modifications permettraient d’enlever l’incertitude dans les communautés et les gens qui y habitent en attendant le nouveau régime forestier. Présentement, le ministère a identifié quatre critères pour procéder à la réorganisation soit la rentabilité économique du projet, la transparence envers le travailleur, associer les communautés à la démarche et minimiser les pertes d’emploi. Le grand rendez-vous est toujours fixé à l’automne 2007.




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