QUEBEC REPORT:
Le Forestier en chef fête son premier anniversaire
par Audrey Harvey, Responsable des communications, AETSQ

En décembre 2004, la Commission Coulombe sur la gestion de la forêt publique québécoise déposait son rapport : un volumineux document de 307 pages contenant 81 recommandations. Parmi celles-ci, les commissaires proposaient la création du poste de Forestier en chef. Ce dernier serait responsable entre autres du calcul de la possibilité forestière. Parallèlement à cela, la Commission suggérait une réduction préventive immédiate de 20% de la possibilité forestière en attendant que le Forestier puisse valider les calculs.
Jusqu’à maintenant, le Forestier en chef, M. Pierre Levac, a dû monter une équipe pour relever le défi. Afin de répondre à la demande des régions, son bureau a été installé à Roberval, au Saguenay-Lac-St-Jean. Entouré d’une équipe de 32 spécialistes en calcul de la possibilité forestière, le Forestier a fêté son premier anniversaire en déposant son rapport faisant état des coupures envisagées pour la période 2008-2013. Monsieur Levac n’était pas peu fier de cette réalisation. En effet, il avait fait la promesse de faire connaître les résultats des travaux à l’intérieur de la première année de son mandat. 
En tout, les analyses portent sur les 74 unités d’aménagement forestier (UAF) situées sur le territoire public québécois. Les calculs indiquent une diminution totale de la possibilité forestière moyenne de 21,9%, toutes essences confondues, confirmant à peu de choses près la réduction de 20 % recommandée par la Commission Coulombe. Il importe toutefois de décortiquer ce résultat pour bien comprendre la situation.
Au niveau du feuillu, une coupure d’environ 5% était attendue. Ce sont plutôt 15% qui ont été soustraits du calcul de la possibilité forestière, ce qui explique pourquoi la moyenne se rapproche tant du 20%. C’est dans le secteur du résineux que les choses se gâtent. En moyenne, les régions ont subi une baisse de 23,8% des possibilités forestières. Les régions les plus touchées sont la Côte-Nord et le Bas Saint-Laurent, qui subiront une coupure de 11,5% et 16,6% respectivement, en plus du 20% déjà annoncé, donc plus de 30 au total. Sur la Côte-Nord, les industries s’inquiètent de cette annonce. La compagnie forestière Kruger a même déjà fait savoir que cette annonce met en péril à la fois ses usines de la région mais également son usine de pâtes et papiers Wayagamack à Trois-Rivières. En effet, cette dernière est alimentée par le bois de l’Est du Québec. Il risque d’en être de même pour plusieurs autres petites scieries qui voient le tiers de leur approvisionnement disparaître. 
À l’opposé, la Mauricie et les Laurentides s’en tirent avec une diminution moins importante que prévue de la possibilité forestière, en gagnant respectivement 4,2% et 13,4%, portant la baisse de la possibilité en moyenne à 15% au total pour chacune de ces régions.
Pour l’avenir, le Forestier en chef a invité les bénéficiaires de CAAF à faire preuve d’une gestion plus rigoureuse de la forêt en déclarant que « devant une tranche de pain, on ne peut pas manger uniquement la mie et laisser la croûte ». Il faudra faire un effort supplémentaire pour récolter le bois plus difficilement accessible et espérons que l’aménagement intensif de la forêt représentera la solution durable à ces coupures.

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